NOTRE DAME DE PARIS  Chapter  III

Victor Hugo

 

MONSIEUR LE CARDINAL

Pauvre Gringoire ! le fracas de tous les gros doubles pétards de la Saint-Jean, la décharge de vingt arquebuses à croc, la détonation de cette fameuse serpentine de la Tour de Billy, qui, lors du siège de Paris, le dimanche 29 septembre 1465, tua sept bourguignons d’un coup, l’explosion de toute la poudre à canon emmagasinée à la Porte du Temple, lui eût moins rudement déchiré les oreilles, en ce moment solennel et dramatique, que ce peu de paroles tombées de la bouche d’un huissier : Son éminence monseigneur le cardinal de Bourbon.

Ce n’est pas que Pierre Gringoire craignît monsieur le cardinal ou le dédaignât.  Il n’avait ni cette faiblesse ni cette outrecuidance. Véritable éclectique, comme on dirait aujourd’hui, Gringoire était de ces esprits élevés et fermes, modérés et calmes, qui savent toujours se tenir au milieu de tout (stare in dimidio rerum), et qui sont pleins de raison et de libérale philosophie, tout en faisant état des cardinaux. Race précieuse et jamais interrompue de philosophes auxquels la sagesse, comme une autre Ariane, semble avoir donné une pelote de fil qu’ils s’en vont dévidant depuis le commencement du monde à travers le labyrinthe des choses humaines.

On les retrouve dans tous les temps, toujours les mêmes, c’est-à-dire toujours selon tous les temps. Et sans compter notre Pierre Gringoire, qui les représenterait au quinzième siècle si nous parvenions à lui rendre l’illustration qu’il mérite, certainement c’est leur esprit qui animait le père Du Breul lorsqu’il écrivait dans le seizième ces paroles naïvement sublimes, dignes de tous les siècles : “ Ie suis parisien de nation et parrhisian de parler, puisque parrhisia en grec signifie liberté de parler : de laquelle i’ai vsé mesme enuers messeigneurs les cardinaux, oncle et frère de monseigneur le prince de Conty : toutes fois auec respect de leur grandeur, et sans offenser personne de leur suitte, qui est beaucoup. “

Il n’y avait donc ni haine du cardinal, ni dédain de sa présence, dans l’impression désagréable qu’elle fit à Pierre Gringoire. Bien au contraire ; notre poète avait trop de bon sens et une souquenille trop râpée pour ne pas attacher un prix particulier à ce que mainte allusion de son prologue, et en particulier la glorification du dauphin fils du lion de France, fût recueillie par une oreille éminentissime. Mais ce n’est pas l’intérêt qui domine dans la noble nature des poètes. Je suppose que l’entité du poète soit représentée par le nombre dix, il est certain qu’un chimiste, en l’analysant et pharmacopolisant, comme dit Rabelais, la trouverait composée d’une partie d’intérêt contre neuf parties d’amour-propre. Or, au moment où la porte s’était ouverte pour le cardinal, les neuf parties d’amour-propre de Gringoire, gonflées et tuméfiées au souffle de l’admiration populaire, étaient dans un état d’accroissement prodigieux, sous lequel disparaissait comme étouffée cette imperceptible molécule d’intérêt que nous distinguions tout à l’heure dans la constitution des poètes ; ingrédient précieux du reste, lest de réalité et d’humanité sans lequel ils ne toucheraient pas la terre. Gringoire jouissait de sentir, de voir, de palper pour ainsi dire une assemblée entière, de marauds il est vrai, mais qu’importe, stupéfiée, pétrifiée, et comme asphyxiée devant les incommensurables tirades qui surgissaient à chaque instant de toutes les parties de son épithalame.

J’affirme qu’il partageait lui-même la béatitude générale, et qu’au rebours de La Fontaine, qui, à la représentation de sa comédie du Florentin, demandait : Quel est le malotru qui a fait cette rapsodie ? Gringoire eût volontiers demandé à son voisin : De qui est ce chef-d’oeuvre ? On peut juger maintenant quel effet produisit sur lui la brusque et intempestive survenue du cardinal.

III. The Cardinal

Alas, poor Gringoire! The noise of the double petards let off on Saint-John's Day, a salvo of twenty arque-buses, the thunder of the famous culverin of the Tour de Billy, which on September 29, 1465, during the siege of Paris, killed seven Burgundians at a blow, the explosion of the whole stock of gunpowder stored at the Temple Gate would have assailed his ears less rudely at this solemn and dramatic moment than those few words from the lips of the usher: His Eminence the Cardinal de Bourbon!

Not that Pierre Gringoire either feared the Cardinal or despised him; he was neither so weak nor so presumptuous. A true eclectic, as nowadays he would be called, Gringoire was of those firm and elevated spirits, moderate and calm, who ever maintain an even balance, stare in dimidio rerum, and who are full of sense and liberal philosophy, to whom Wisdom, like another Ariadne, seems to have given a ball of thread which they have gone on unwinding since the beginning of all things through the labyrinthine paths of human affairs.

 

One comes upon them in all ages and ever the same; that is to say, ever conforming to the times. And without counting our Pierre Gringoire, who would represent them in the fifteenth century if we could succeed in conferring on him the distinction he merits, it was certainly their spirit which inspired Father de Bruel in the sixteenth century, when he wrote the following sublimely naïve words, worthy of all ages: I am Parisian by nation, and parrhisian by speech, since parrhisia in Greek signifies freedom of speech, which freedom I have used even towards Messeigneurs the Cardinals, uncle and brother to Monseigneur the Prince de Conty: albeit with due respect for their high degree and without offending any one of their train, which is saying much.

There was therefore neither dislike of the Cardinal nor contemptuous indifference to his presence in the unpleasing impression made on Gringoire. Quite the contrary; for our poet had too much common sense and too threadbare a doublet not to attach particular value to the fact that any an allusion in his prologue, and more especially the glorification of the dolphin, son of the Lion of France, would fall upon the ear of an Eminentissime. But self-interest is not the predominating quality in the noble nature of the poet. Supposing the entity of the poet to be expressed by the number ten, it is certain that a chemist in analyzing and pharmacopizing; it, as Rabelais terms it, would find it to be composed of one part self-interest to nine parts of self-esteem. Now, at the moment when the door opened for the Cardinal's entry, Gringoire's nine parts of self-esteem, swollen and inflated by the breath of popular admiration, were in a state of prodigious enlargement, obliterating that almost imperceptible molecule of self-interest which we just now pointed out as a component part of the poet's constitution, a priceless ingredient, be it said, the ballast of common sense and humanity, without which they would forever wander in the clouds. Gringoire was revelling in the delights of seeing, of, so to speak, touching, an entire assemblage (common folk, it is true, but what of that?) stunned, petrified, suffocated almost by the inexhaustible flow of words which poured down upon them from every point of his epithalamium.

I affirm that he shared in the general beatitude, and that, unlike La Fontaine, who, at the performance of his comedy Florentin, inquired, What bungler wrote this balderdash?, Gringoire would gladly have asked his neighbours, Who is the author of this master-piece? Judge, therefore, of the effect produced on him by the abrupt and ill-timed arrival of the Cardinal.   

Ce qu’il pouvait craindre ne se réalisa que trop. L’entrée de son éminence bouleversa l’auditoire. Toutes les têtes se tournèrent vers l’estrade. Ce fut à ne plus s’entendre. - Le cardinal ! Le cardinal ! répétèrent toutes les bouches.  Le malheureux prologue resta court une seconde fois.

Le cardinal s’arrêta un moment sur le seuil de l’estrade. Tandis qu’il promenait un regard assez indifférent sur l’auditoire, le tumulte redoublait. Chacun voulait le mieux voir. C’était à qui mettrait sa tête sur les épaules de son voisin.

C’était en effet un haut personnage et dont le spectacle valait bien toute autre comédie. Charles, cardinal de Bourbon, archevêque et comte de Lyon, primat des Gaules, était à la fois allié à Louis XI par son frère, Pierre, seigneur de Beaujeu, qui avait épousé la fille aînée du roi, et allié à Charles le Téméraire par sa mère Agnès de Bourgogne.

Or le trait dominant, le trait caractéristique et distinctif du caractère du primat des Gaules, c’était l’esprit de courtisan et la dévotion aux puissances. On peut juger des embarras sans nombre que lui avait valus cette double parenté, et de tous les écueils temporels entre lesquels sa barque spirituelle avait dû louvoyer, pour ne se briser ni à Louis, ni à Charles, cette Charybde et cette Scylla qui avaient dévoré le duc de Nemours et le connétable de Saint-Pol. Grâce au ciel, il s’était assez bien tiré de la traversée, et était arrivé à Rome sans encombre. Mais, quoiqu’il fût au port, et précisément parce qu’il était au port, il ne se rappelait jamais sans inquiétude les chances diverses de sa vie politique, si longtemps alarmée et laborieuse. Aussi avait-il coutume de dire que l’année 1476 avait été pour lui noire et blanche ; entendant par là qu’il avait perdu dans cette même année sa mère la duchesse de Bourbonnais et son cousin le duc de Bourgogne, et qu’un deuil l’avait consolé de l’autre.

 

Du reste, c’était un bon homme. Il menait joyeuse vie de cardinal, s’égayait volontiers avec du cru royal de Challuau, ne haïssait pas Richarde la Garmoise et Thomasse la Saillarde, faisait l’aumône aux jolies filles plutôt qu’aux vieilles femmes, et pour toutes ces raisons était fort agréable au populaire de Paris. Il ne marchait qu’entouré d’une petite cour d’évêques et d’abbés de hautes lignées, galants, grivois et faisant ripaille au besoin ; et plus d’une fois les braves dévotes de Saint-Germain d’Auxerre, en passant le soir sous les fenêtres illuminées du logis de Bourbon, avaient été scandalisées d’entendre les mêmes voix qui leur avaient chanté vêpres dans la journée, psalmodier au bruit des verres le proverbe bachique de Benoît XII, ce pape qui avait ajouté une troisième couronne à la tiare : - Bibamus papaliter.

 

Ce fut sans doute cette popularité, acquise à si juste titre, qui le préserva, à son entrée, de tout mauvais accueil de la part de la cohue, si mécontente le moment d’auparavant, et fort peu disposée au respect d’un cardinal le jour même où elle allait élire un pape. Mais les parisiens ont peu de rancune ; et puis, en faisant commencer la représentation d’autorité, les bons bourgeois l’avaient emporté sur le cardinal, et ce triomphe leur suffisait. D’ailleurs monsieur le cardinal de Bourbon était bel homme, il avait une fort belle robe rouge qu’il portait fort bien ; c’est dire qu’il avait pour lui toutes les femmes, et par conséquent la meilleure moitié de l’auditoire. Certainement il y aurait injustice et mauvais goût à huer un cardinal pour s’être fait attendre au spectacle, lorsqu’il est bel homme et qu’il porte bien sa robe rouge.

 

Il entra donc, salua l’assistance avec ce sourire héréditaire des grands pour le peuple, et se dirigea à pas lents vers son fauteuil de velours écarlate, en ayant l’air de songer à tout autre chose. Son cortège, ce que nous appellerions aujourd’hui son état-major d’évêques et d’abbés, fit irruption à sa suite dans l’estrade, non sans redoublement de tumulte et de curiosité au parterre. C’était à qui se les montrerait, se les nommerait, à qui en connaîtrait au moins un ; qui, monsieur l’évêque de Marseille, Alaudet, si j’ai bonne mémoire ; qui, le primicier de Saint-Denis ; qui, Robert de Lespinasse, abbé de Saint-Germain-des-Prés, ce frère libertin d’une maîtresse de Louis XI : le tout avec force méprises et cacophonies.

 Quant aux écoliers, ils juraient. C’était leur jour, leur fête des fous, leur saturnale, l’orgie annuelle de la basoche et de l’école. Pas de turpitude qui ne fût de droit ce jour-là et chose sacrée. Et puis il y avait de folles commères dans la foule, Simone Quatrelivres, Agnès la Gadine, Robine Piédebou. N’était-ce pas le moins qu’on pût jurer à son aise et maugréer un peu le nom de Dieu, un si beau jour, en si bonne compagnie de gens d’église et de filles de joie ? Aussi ne s’en faisaient-ils faute ; et, au milieu du brouhaha, c’était un effrayant charivari de blasphèmes et d’énormités que celui de toutes ces langues échappées, langues de clercs et d’écoliers contenues le reste de l’année par la crainte du fer chaud de saint Louis. Pauvre saint Louis, quelle nargue ils lui faisaient dans son propre palais de justice !  Chacun d’eux, dans les nouveaux venus de l’estrade, avait pris à partie une soutane noire, ou grise, ou blanche, ou violette. Quant à Joannes Frollo de Molendino, en sa qualité de frère d’un archidiacre, c’était à la rouge qu’il s’était hardiment attaqué, et il chantait à tue-tête, en fixant ses yeux effrontés sur le cardinal : Cappa repleta mero !

 

 

Tous ces détails, que nous mettons ici à nu pour l’édification du lecteur, étaient tellement couverts par la rumeur générale qu’ils s’y effaçaient avant d’arriver jusqu’à l’estrade réservée. D’ailleurs le cardinal s’en fût peu ému, tant les libertés de ce jour-là étaient dans les moeurs. Il avait du reste, et sa mine en était toute préoccupée, un autre souci qui le suivait de près et qui entra presque en même temps que lui dans l’estrade. C’était l’ambassade de Flandre.

 

 

Non qu’il fût profond politique, et qu’il se fît une affaire des suites possibles du mariage de madame sa cousine Marguerite de Bourgogne avec monsieur son cousin Charles, dauphin de Vienne ; combien durerait la bonne intelligence plâtrée du duc d’Autriche et du roi de France, comment le roi d’Angleterre prendrait ce dédain de sa fille, cela l’inquiétait peu, et il fêtait chaque soir le vin du cru royal de Chaillot, sans se douter que quelques flacons de ce même vin (un peu revu et corrigé, il est vrai, par le médecin Coictier), cordialement offerts à Edouard IV par Louis XI, débarrasseraient un beau matin Louis XI d’Edouard IV. La moult honorée ambassade de monsieur le duc d’Autriche n’apportait au cardinal aucun de ces soucis, mais elle l’importunait par un autre côté. Il était en effet un peu dur, et nous en avons déjà dit un mot à la deuxième page de ce livre, d’être obligé de faire fête et bon accueil, lui Charles de Bourbon, à je ne sais quels bourgeois ; lui cardinal, à des échevins ; lui français, joyeux convive, à des flamands buveurs de bière ; et cela en public. C’était là, certes, une des plus fastidieuses grimaces qu’il eût jamais faites pour le bon plaisir du roi.

 

 

Il se tourna donc vers la porte, et de la meilleure grâce du monde (tant il s’y étudiait), quand l’huissier annonça d’une voix sonore : Messieurs les envoyés de monsieur le duc d’Autriche. Il est inutile de dire que la salle entière en fit autant.

 

Alors arrivèrent, deux par deux, avec une gravité qui faisait contraste au milieu du pétulant cortège ecclésiastique de Charles de Bourbon, les quarante-huit ambassadeurs de Maximilien d’Autriche, ayant en tête révérend père en Dieu, Jehan, abbé de Saint-Bertin, chancelier de la Toison d’or, et Jacques de Goy, sieur Dauby, haut bailli de Gand. Il se fit dans l’assemblée un grand silence accompagné de rires étouffés pour écouter tous les noms saugrenus et toutes les qualifications bourgeoises que chacun de ces personnages transmettait imperturbablement à l’huissier, qui jetait ensuite noms et qualités pêle-mêle et tout estropiés à travers la foule. C’était maître Loys Roelof, échevin de la ville de Louvain ; messire Clays d’Etuelde, échevin de Bruxelles ; messire Paul de Baeust, sieur de Voirmizelle, président de Flandre ; maître Jehan Coleghens, bourgmestre de la ville d’Anvers ; maître George de la Moere, premier échevin de la kuere de la ville de Gand ; maître Gheldolf van der Hage, premier échevin des parchons de ladite ville ; et le sieur de Bierbecque, et Jehan Pinnock, et Jehan Dymaerzelle, etc., etc., etc. ; baillis, échevins, bourgmestres ; bourgmestres, échevins, baillis ; tous roides, gourmés, empesés, endimanchés de velours et de damas, encapuchonnés de cramignoles de velours noir à grosses houppes de fil d’or de Chypre ; bonnes têtes flamandes après tout, figures dignes et sévères, de la famille de celles que Rembrandt fait saillir si fortes et si graves sur le fond noir de sa Ronde de nuit ; personnages qui portaient tous écrit sur le front que Maximilien d’Autriche avait eu raison de se confier à plain, comme disait son manifeste, en leur sens, vaillance, expérience, loyaultez et bonnes preudomies.

 

Un excepté pourtant. C’était un visage fin, intelligent, rusé, une espèce de museau de singe et de diplomate, au-devant duquel le cardinal fit trois pas et une profonde révérence, et qui ne s’appelait pourtant que Guillaume Rym, conseiller et pensionnaire de la ville de Gand.

Peu de personnes savaient alors ce que c’était que Guillaume Rym. Rare génie qui dans un temps de révolution eût paru avec éclat à la surface des événements, mais qui au quinzième siècle était réduit aux caverneuses intrigues et à vivre dans les sapes, comme dit le duc de Saint-Simon. Du reste, il était apprécié du premier sapeur de l’Europe, il machinait familièrement avec Louis XI, et mettait souvent la main aux secrètes besognes du roi.

Toutes choses fort ignorées de cette foule qu’émerveillaient les politesses du cardinal à cette chétive figure de bailli flamand.

And his worst fears were but too fully realized. The entry of his Eminence set the whole audience in commotion. Every head was turned towards the gallery. You could not hear yourself speak. The Cardinal! The Cardinal! resounded from every mouth. For the second time the unfortunate prologue came to an abrupt stop.

The Cardinal halted for a moment on the threshold of the platform, and while he cast a glance of indifference over the crowd the uproar increased. Each one wanted a good view, and strained to raise his head above his neighbour's.  

And in truth he was a very exalted personage, the sight of whom was worth any amount of Mysteries. Charles, Cardinal de Bourbon, Archbishop and Count of Lyons, Primate of all Gaul was related to Louis XI through his brother, Pierre, Lord of Beaujeu, who had married the King's eldest daughter, and to Charles the Bold through his mother, Agnes of Burgundy.

The dominant trait, the prevailing and most striking feature in the character of the Primate of Gaul, was his courtier spirit and unswerving devotion to the powers that be. One may imagine the innumerable perplexities in which these two relationships involved him, and through what temporal shoals he had to steer his spiritual bark in order to avoid being wrecked either on Louis or on Charles, that Scylla and Charybdis which had swallowed up both the Duke of Nemours and the Constable of Saint-Pol. Heaven be praised, however, he had managed the voyage well, and had come safely to anchor in Rome without mishap. Yet, although he was in port, and precisely because he was in port, he never recalled without a qualm of uneasiness the many changes and chances of his long and stormy political voyage, and he often said that the year 1476 had been for him both black and white; meaning that in that year he had lost his mother, the Duchess of Bourbonnais, and his cousin, the Duke of Burgundy, and that the one death had consoled him for the other.   

For the rest, he was a proper gentleman; led the pleasant life befitting a cardinal, was ever willing to make merry on the royal vintage of Chaillot, had no objection to Richarde de la Garmoise and Thomasse la Saillarde, would rather give alms to a pretty girl than an old woman, for all of which reasons he was high in favour with the populace of Paris. He was always surrounded by a little court of bishops and abbots of high degree, gay and sociable gentlemen, never averse to a thorough good dinner; and many a time had the pious gossips of Saint-Germain d'Auxerre been scandalized in passing at night under the lighted windows of the Hôtel de Bourbon, to hear the selfsame voices which erstwhile had chanted vespers for them now trolling out, to the jingle of glasses, the bacchanalian verses of Benedict XII (the Pope who added the third crown to the tiara) beginning Bibamus papaliter, (Let us drink like Popes).   

Without doubt it was this well-earned popularity which saved him from any demonstration of ill-will on the part of the crowd, so dissatisfied but a moment before, and but little disposed to evince respect towards a Cardinal on the very day they were going to elect a Pope of their own. But the Parisians bear very little malice; besides, having forced the performance to commence of their own authority, they had worsted the Cardinal, and their victory sufficed them. Moreover, Monseigneur was a handsome man, and he wore his handsome red robe excellently well; which is equivalent to saying that he had all the women, and consequently the greater part of the audience, on his side. Decidedly it would have shown great want both of justice and of good taste to hoot a Cardinal for coming late to the play, when he is a handsome man and wears his red robe with so handsome an air.  

He entered then, greeted the audience with that smile which the great instinctively bestow upon the people, and slowly directed his steps towards his chair of scarlet velvet, his mind obviously preoccupied by some very different matter. His train, or what we should now call his staff, of bishops and abbots, streamed after him on to the platform, greatly increasing the disturbance and the curiosity down among the spectators. Each one was anxious to point them out or name them, to show that he knew at least one of them; some pointing to the Bishop of Marseilles, Alaudet, if I remember right, some to the Dean of Saint-Denis, other again to Robert de Lespinasse, Abbot of Saint-Germain-des-Prés, the dissolute brother of a mistress of Louis XI, all with much ribald laughter and scurrilous jesting.  

As for the scholars, they swore like troopers. This was their own especial day, their Feast of Fools, their Saturnalia, the annual orgy of the Basoche 1 and the University, no turpitude, no foulness of language but was right and proper to that day. Besides, there was many a madcap light o' love down in the crowd to spur them on, Simone Quatrelivres, Agnès la Gadine, Robine Piédebou. It was the least that could be expected, that they should be allowed to curse at their ease and blaspheme a little on so joyful an occasion and in such good company, churchmen and courtesans. Nor did they hesitate to take full advantage thereof, and into the midst of  the all-prevailing hubbub there poured an appalling torrent of blasphemies and enormities of every description from these clerks and scholars, tongue-tied all the rest of the year through fear of the branding-iron of Saint-Louis. Poor Saint-Louis, they were snapping their fingers at him in his own Palais de Justice. Each one of them had singled out among the new arrivals some cassock, black or gray, white or violet, Joannes Frollo de Molendino, as brother to an archdeacon, having audaciously assailed the red robe, fixing his bold eyes on the Cardinal and yelling at the pitch of his voice, Cappa repleta mero! Oh, cassock full of wine.  

But all these details which we thus lay bare for the edification of the reader were so overborne by the general clamour that they failed altogether to reach the reserved platform. In any case the Cardinal would have taken but little heed of them, such license being entirely in keeping with the manners of the day. Besides, his mind was full of something else, as was evident by his preoccupied air; a cause of concern which followed close upon his heels and entered almost at the time with him on to the platform. This was the Flemish Embassy.  

Not that he was a profound politician and thus concerned for the possible consequences of the marriage between his one cousin, Madame Marguerite of Burgundy, and his other cousin, the Dauphin Charles; little he cared how long the patched-up friendship between the Duke of Austria and the King of France would last, nor how the King of England would regard this slight offered to his daughter, and he drank freely each evening of the royal vintage of Chaillot, never dreaming that a few flagons of this same wine (somewhat revised and corrected, it is true), cordially presented to Edward IV by Louis XI, would serve one fine day to rid Louis XI of Edward IV. No, the most honourable Embassy of Monsieur the Duke of Austria brought none of these anxieties to the Cardinal's mind; the annoyance came from another quarter. In truth, it was no small hardship, as we have already hinted at the beginning of this book, that he, Charles of Bourbon, should be forced to offer a courteous welcome and entertainment to a squad of unknown burghers; he, the Cardinal, receive mere sheriffs; he, the Frenchman, a polished bon-viveur, and these beer-drinking Flemish boors, and all this in public too! Faith, it was one of the most irksome parts he had ever had to play at the good pleasure of the King.

 However, he had studied that part so well, that when the usher announced in sonorous tones, Messieurs, the Envoys of Monsieur the Duke of Austria, he turned towards the door with the most courteous grace in the world. Needless to say, every head in the Hall turned in the same direction.  

Thereupon there entered, walking two and two, and with a gravity of demeanour which contrasted strongly with the flippant manner of the Cardinal's ecclesiastical following, the forty-eight ambassadors of Maximilian of Austria, led by the Reverend Father in God, Jehan, Abbot of Saint-Bertin, Chancellor of the Golden Fleece, and Jacques de Goy, Sieur Dauby, baillie of Ghent. Deep silence fell upon the assemblage, only broken by suppressed titters at the uncouth names and bourgeois qualifications which each of these persons transmitted with imperturbable gravity to the usher who proceeded to hurl name and title unrecognisably mixed and mutilated, at the crowd below. There was Master Loys Roelof, Sheriff of the City of Louvain; Messire Clays d'Etuelde, Sheriff of Brussels; Messire Paul de Baeust, Sieur of Voirmizelle, President of Flanders; Master Jehan Coleghens, Burgomaster of the City of Antwerp; Master George de la Moere, High Sheriff of the Court of Law of the City of Ghent; Master Gheldolf van der Hage, High Sheriff to the Parchons, or Succession Offices of the same city; and the Sieur de Bierbecque, and Jehan Pinnock, and Jehan Dymaerzelle, and so on and so on; baillies, sheriffs, burgomasters; burgomasters, sheriffs, baillies; wooden, formal figures, stiff with velvet and damask, their heads covered by birettas of black velvet with great tassels of gold thread of Cyprus, good Flemish heads, nevertheless, dignified and sober faces, akin to those which stand out so strong and earnest from the dark background of Rembrandt's Night Round; faces which all bore witness to the perspicacity of Maximilian of Austria in confiding to the full, as his manifesto ran, in their good sense, valour, experience, loyalty, and high principles.

There was one exception, however, a subtle, intelligent, crafty face, a curious mixture of the ape and the diplomatist, towards whom the Cardinal advanced three paces and bowed profoundly, but who, nevertheless, was simply named Guillaume Rym, Councillor and Pensionary 2 of the City of Ghent.

Few people at that time recognised the true significance of Guillaume Rym. A rare genius who, in revolutionary times, would have appeared upon the surface of events, the fifteenth century compelled him to expend his fine capacities on underground intrigue, to live in the saps, as Saint-Simon expresses it. For the rest, he found full appreciation with the first sapper of Europe, being intimately associated with Louis XI in his plots, and often had a hand in the secret machinations of the King.

All of which things were entirely beyond the ken of the multitude, who were much astonished at the deferential politeness of the Cardinal towards this insignificant-looking little Flemish functionary.  

 

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